L’Adam’s Peak

Cette année, j’ai décidé de sortir de ma zone de confort,  de réaliser un véritable challenge et de me lancer un défi pour mon anniversaire fin janvier. Lors de mon dernier voyage au Sri Lanka, j’ai voulu gravir l’Adam’s Peak, cette montagne sacrée à la fois pour les Bouddhistes (qui l’appellent « Sri Padaya »), les Hindous,  les Chrétiens et les Musulmans. Elle culmine à 2243m au centre du Sri Lanka.

 

Selon les croyances bouddhistes, chacun doit avoir gravi l’Adam’s Peak au moins une fois dans sa vie. Il paraît que chaque ascension augmente la vie du croyant d’une année. C’est peut-être pour cela que l’on voit des personnes âgées gravir péniblement les escaliers, souvent en tongues ! Certains Cinghalais sont carrément pieds nus et portent leurs enfants ainsi que des sacs en plastique remplis de vivres, bouteilles d’eau …

Quant aux Européens, par contre, nombre d’entre eux sont super équipés : bâton télescopique,  chaussures de randonnée, lampe frontale, boussole … Je n’ai rien de tout cela..

Le départ

Le jour même de mon ascension, je suis arrivée de Dambulla où j’avais visité les fameuses grottes. Dambulla-Hatton en voiture, cela met du temps car la route est longue, sinueuse  et très encombrée. Mon hôtel, le « Royal Majesty Bungalow » (Ireby Private Estate)  se situe à Hatton, à environ 45 minutes de route de l’Adam’s Peak.  Arrivée de Dambulla le soir même, j’ai dormi environ 3 heures et à 1 heure du matin, mon chauffeur vient me chercher pour me conduire au point de départ. Il attendra que je redescende pour me reconduire à l’hôtel …. 8 heures plus tard !

L’ascension

La nuit est très claire en ce dernier jour de janvier et le ciel est parsemé d’étoiles. Je vais faire l’ascension dans la nuit du jeudi au vendredi car les week-ends et les nuits de pleine lune, il y a tellement de monde que, paraît-il, il est impossible d’atteindre le sommet.

Tout est très calme près du point de départ, seules quelques silhouettes se distinguent ici ou là. Le chemin n’est pas vraiment éclairé et je suis discrètement quelques touristes. Quand je pense qu’il y a 5200 marches à monter, un total de 7 kms … Je me suis certes entraînée toute l’année, mais pas forcément à monter des escaliers … Et puis, avec ma prothèse de la hanche, je suis curieuse de voir ce que cela va donner. Mais en même temps, je suis très déterminée. Je dois arriver au sommet avant le lever du soleil !

Ah, ces marches ! Certaines sont hautes de 50 cm, larges ou alors extrêmement étroites et basses.  Certaines boutiques sont déjà ouvertes à cette heure, on peut y acheter à manger ou des bouteilles d’eau. J’ai 2 bouteilles dans mon sac, qui ne pèse pas trop lourd au début. Je n’ai pas non plus oublié de prendre ma boîte de comprimés, destinés à lutter contre la fatigue musculaire, qui sont à prendre avant, pendant et après l’effort.

J’ai aussi tout un équipement contre le froid (bonnet, écharpe, gants, gros pull…) que je n’utiliserai pas du tout, car finalement, la température est très supportable. Les Sri Lankais, par contre, sont tout emmitouflés et portent gants, bonnets, grosses vestes… Les Européens sont plutôt en T-shirt, même au milieu de la nuit ..

Au début, l’ascension n’est pas trop difficile. La nuit est noire, je marche sans me poser de questions. Mais après une heure, cela commence à monter. Les marches deviennent plus étroites et plus raides. J’ai le dos en nage, mon sac à dos me pèse. Je m’arrête pour boire de l’eau. Dieu merci, il y a des bancs où l’on peut s’asseoir le long du chemin.

Je rencontre beaucoup de monde : des Français, des Allemands, des Russes et bien sûr des Cinghalais, qui, contrairement aux Européens, n’ont pas l’air de souffrir ni d’être hors d’haleine. Mais beaucoup de personnes disent : « It is never ending » (« cela ne finit jamais ») et c’est vrai. Plus on monte, plus il y a d’escaliers à grimper. C’est infernal !

 

Entre les pauses pour boire de l’eau, je continue à grimper. De temps en temps, il y a des rambardes pour s’aider mais ce n’est pas toujours le cas. Finalement, je suis assez contente de faire cette ascension toute seule car ainsi, je vais à mon rythme et je peux m’arrêter quand je veux. Au bout d’un moment, je me concentre sur  mes pieds, je ne regarde plus vers les hauteurs.

A environ un kilomètre du sommet, les escaliers sont presque perpendiculaires au flanc de la montagne. Je ne sens plus mes jambes mais je dois continuer. Evidemment, à cet endroit, on ne peut pas grimper rapidement (de toute façon, les grimpeurs sont tous fatigués). On ne peut que gravir lentement ces marches hautes et on ne peut  dépasser personne car elles sont trop étroites. Heureusement, il y a des rambardes de chaque côté des marches.

„Encore 300 marches“ me dit un commerçant. C’est sûr, quand on vient de grimper 4900 marches, cela fait plaisir à entendre mais comme c’était long … Mes jambes me semblent de plomb et dans un dernier effort, j’arrive enfin au sommet. I DID IT ! YES !!!! 5200 marches plus tard et j’y suis!  Je suis éreintée mais tellement contente ! J’aurais mis 4 heures pour y arriver !

Chaque personne qui a gravi l’Adam’s Peak  peut faire sonner une énorme cloche. Je la fais sonner une fois (car c’est ma première fois dans cet endroit) mais certaines personnes la font sonner plus de 10 fois. Je suis vraiment très surprise…

Comment se fait-il qu’il y a déjà tellement de monde là-haut ? Comment ont-ils fait ?? Je trouve encore la force de me hisser jusqu’à la dernière marche. De là, j’ai une vue parfaite sur la montagne.